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17 novembre 2014 / IMCA

Karine PAULY

47586279Karine Pauly est probablement le secret le mieux caché de l’Imca. C’est même un vrai mystère. Résidant en province MAIS loin d’Avignon, son travail avec nous, en plus des stages courts, consiste à accompagner les aspirants scénaristes sur leurs projets personnels. D’où la question que nous nous posons tous : Karine Pauly existe-t-elle vraiment ? « Oui ! » répond-elle. « J’encadre aussi des ateliers de court métrage en province où là j’ai un contact direct. Cependant le cours par correspondance m’apporte beaucoup ; c’est vrai quand j’ai créé la première version, j’avais un peu peur du résultat mais à présent je sais que je ne me suis pas trompée car la relation entre le stagiaire et moi-même  est riche et constructive ». Mieux, Karine voit dans ce système bien des avantages : « On ne se voit pas et toutes les barrières de jugement que l’on ne peut s’empêcher d’avoir, disparaissent… en un mot on correspond d’esprit à esprit ou d’âme à âme, c’est très puissant, presque magique… il s’instaure presque toujours un échange  fructueux très fort et très sympa ». Ok, on en est maintenant convaincu, Karine n’est pas un robot programmé d’après les routines dramaturgiques de Lavandier, ni un arnaqueur barbu et pervers caché derrière son écran, c’est bien une scénariste en chair et en os. Avec les qualités qui vont avec : « la curiosité, l’humilité, la rigueur, le courage, la patience, la tolérance et l’enthousiasme ! ». Wow, ainsi armée, on imagine Karine prête à braver toutes les tempêtes de l’écriture. Karine tempère. « Lorsque j’écris un long, j’ai parfois du mal garder le cap ; il y a des périodes de découragement et doutes, des périodes où je dois m’arrêter aussi pour gagner ma vie ; le métier de scénariste est un sacerdoce, il faut beaucoup s’impliquer, mais c’est un job formidable qui me remplit et que j’adore… c’est un refus à l’inertie car je réinvente toujours une autre réalité, pour moi, c’est une façon de rester vivante ! ».

Outre le fait de ne pas être dans les locaux avignonnais de l’IMCA, Karine se démarque aussi de l’approche bicéphale en vigueur ici. Pour elle, entre l’histoire et les personnages, la vérité est ailleurs : « pour moi le document capital c’est la note d’intention… ensuite on peut commencer à écrire parce que l’on « tient un personnage » mais on peut aussi être guidé par un thème ou le début d’une histoire. Rien ne vient jamais dans l’ordre cependant l’essentiel, je crois, est de savoir pourquoi je veux traiter ce sujet-là et pas un autre, quel est le message que je veux délivrer, c’est cela l’important ». Les futurs stagiaires savent maintenant à quoi s’en tenir. Et à ce propos, Karine travaille souvent avec eux pour des projets de longs métrages. Motiver des jeunes scénaristes sur un temps aussi long, ce n’est pas une mission impossible ? « Il n’y a pas de recette car chacun est différent, chaque relation aussi est unique. Néanmoins, il faut que le stagiaire soit très motivé car je ne suis qu’une sorte de guide. Je le dis bien au départ d’ailleurs, le travail c’est eux qui le font, moi je ne fais que jouer l’œil extérieur qui encourage et qui accompagne » précise Karine.  Pas plus, vraiment ? Et la tentation de mettre un peu de soi dans l’univers des autres, alors ? « Parfois c’est un peu difficile mais j’essaie toujours en dialoguant avec les autres auteurs d’instaurer un véritable rapport de confiance et je m’autorise jamais à mettre de moi, si je le fais c’est involontaire de ma part ; bien sûr il y a une part de subjectivité cependant mon rôle est de demeurer le plus possible objective ».

Karine croit en l’objectivité, donc. Et aux rêves aussi. Elle aurait rêvé écrire un bon nombre de films… « Il y en a plein ! Tout sur ma mère, le ruban blanc, Harry, un ami qui vous veut du bien, Rosetta, American Beauty, le bal des actrices, la vie d’Adèle… enfin la liste est très longue. J’admire certains scénaristes pour la force de leurs personnages, d’autres pour leurs univers symboliques absolument époustouflants, pour la façon qu’ils ont de jouer avec la catharsis des spectateurs…etc. Bref j’aime les leçons de cinéma, j’aime apprendre toujours plus ». Les prochains stagiaires scénaristes apprendront à travailler avec Karine dans quelques mois maintenant. En attendant, Karine, des projets personnels ? « J’ai eu quelques déboires ces derniers temps car vendre un long métrage s’avère de plus en plus difficile, cependant je finis toujours par rebondir car j’aime trop mon métier pour abandonner.

En ce moment, j’ai un projet avec une vraie équipe, cela devrait prendre forme dans les mois à venir. Je ne peux en dire plus car je ne parle jamais de ce que je suis en train de faire sans doute par superstition ! ». On lui souhaite bien entendu tout le bonheur du monde.

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